Ouvrage publié
par DUNOD

LES AUTEURS

Michel Barabel et Olivier Meier, docteurs en Sciences de Gestion, sont maîtres de conférences des Universités et enseignent la stratégie, le management et la gestion des ressources humaines au sein des Universités Paris 12 et Paris Dauphine. Ils sont les auteurs d'une trentaine d'articles et de six ouvrages de référence dans le domaine du management.

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09 novembre 2006

LA PRESSE EN PARLE

PARU DANS L'EXPANSION MANAGEMENT Review du mois d'Octobre.

Qu'on dirige une petite entreprise ou une grande entreprise, il faut être à la fois un leader charismatique, un organisateur, un stratège, un coach et un porteur de projet. Ce guide se veut une référence des savoirs et savoir-faire nécessaires au manager ou au futur manager. Il analyse et décode les aptitudes et les qualités du dirigeant et fournit de précieuses pistes de réfléxion sur l'évolution de la fonction managériale, à un moment où celle-ci semble profondément remise en question par des éxigences de performance accrue dans un environnement plus complexe.
Manageor a pris le parti d'aborder le métier de manager autour de tros problèmatiques phares. D'abord comprendre la réalité des entreprises à partir d'une analyse critique détaillée des principales théories du management. Ensuite, savoir agir en acteur stratège sans éluder la dimension politique de la fonction. Enfin, maîtriser la dimension ressources humaines de cette fonction.

EMR.

PAROLE D'EXPERT : le point de vue de Gilles Martin (Partie 4)

AVIS D’EXPERT

Nous ouvrons le blog Manageor à Gilles Martin, blogger sur les thèmes du management, dans un soucis d'échanger et de partager avec des experts.

Le point de vue de Gilles Martin sera présenté en 4 parties (à suivre) sur le blog.

Présentation de l’auteur

Gilles Martin, HEC, a été Partner chez KPMG Peat Marwick et de CSC. Il est Président de la société de conseil PMP (Performance Management Partner) qui est partenaire des entreprises dans le management de leur performance, dans un contexte d’exigences nouvelles nécessitant un nouveau Pacte entre actionnaires, dirigeants et collaborateurs, et de nouvelles approches du management opérationnel. Il anime par ailleurs le blog Zone Franche (gillesmartin.blogs.com).

PARTIE 4.

8) Quels sont ces réseaux, ou communautés ?

Cinq "communautés», contribuent à la création de valeur :

- Les actionnaires : ils comptent et vont compter de plus en plus. Les actionnaires ne seront pas éternellement les rois Dagobert de l'entreprise, mais vont se montrer de plus en plus interventionnistes et activistes. (voir ICI). La bonne relation avec les actionnaires passe par la définition et la communication d'une Vision ambitieuse économique et sociale à 5 ans au moins.

- Les équipes de Direction : Ce sont les principaux "stakeholders" ; ces équipes constituent le capital de leadership en réseau qui doit se déployer dans toute l'entreprise. Il a besoin de cohérence et d'alignement, sur des périodes courtes (6 mois) et à moyen terme. Ce sujet concerne les réflexions sur les systèmes de rémunérations, l'actionnariat salarial, les tableaux de bord de progrès et les objectifs partagés de performance. Mais il faut aussi repenser le rôle de ces systèmes de comités de Direction, se réunissant à date fixe pour bailler en réunion. N’y a-t-il pas de nouvelles pratiques à imaginer ?

- Les clients internes : C'est le capital humain collectif, la communauté de travail dans son ensemble. On adresse ici les questions relatives à la formation, à la mobilité, notamment inter métiers et inter filières, à l'acquisition et à la diffusion des nouveaux savoirs, savoir-faire, savoir être. La tendance est là, on ne reviendra plus en arrière : c’est la décentralisation maximum. Tous ceux qui croient encore tenir en contrôlant tout par le haut vont assister à leur écroulement. C’est Louis XVI se calfeutrant à Versailles pendant qu’on prend

la Bastille.

- Les clients externes et les partenaires : C'est le capital de confiance de l'entreprise, qui constitue un actif immatériel majeur, si difficile à construire, si rapide à perdre. On parle ici de l'intimité client, et on la développe au travers du processus de création et d'innovation, ce concept dépassant une vision strictement Produit.

Les clients sont devenus hyper puissants, ils peuvent ruiner une entreprise en deux clics sur internet pour se plaindre, constituer des réseaux d’influence, faire savoir ce qu’on croyait pouvoir garder secret. La puissance de cette nouvelle donne est redoutable ; les entreprises qui n’en prennent pas conscience sont en danger.

Plus que jamais, on peut dire que c’est le client qui est le Boss, comme l’affirme Procter & Gamble dans sa communication Corporate.

Gérer un tel capital de confiance, c’est le principal challenge pour se développer.

- L'entreprise de Soi-même : C'est le capital humain individuel, auquel l'entreprise ne peut manquer de s'intéresser, car, si elle ne peut plus promettre l'emploi à vie, se doit de s'intéresser à l' "employabilité" de ses collaborateurs, et a une responsabilité grandissante dans la bonne gestion de ce paradoxe qui consiste à "réussir sa vie" (ambition individuelle) et "réussir l'ambition de l'entreprise" (Nous S.A). Le collaborateur veut comprendre dans quelle mesure il est reconnu dans l’entreprise, il veut être maître de son destin ; si l’entreprise ne s’en préoccupe pas, il se vengera.

C'est en apportant un regard nouveau, de la cohérence et du sens à ces cinq communautés que l'entreprise peut valablement s'engager dans une dynamique intégrée et durable de progrès.

Un nouveau Pacte ne sera possible que si il est signé par tous ceux dont on a besoin pour vraiment améliorer le management opérationnel de nos organisations, et donner de l'ambition. Il nous faut :

- une signature d'investisseurs (actionnaires),

- une signature de leadership (équipes de direction),

- une signature de l'innovation (communauté de travail),

- une signature de marque (les clients),

- une signature de ...talent (la personne).

A nous de mettre en place dans nos entreprises ce Pacte et de le décliner opérationnellement. Tous ceux qui essayent de mettre en place le moindre changement dans le management opérationnel sans connaître cette vision d’ensemble sont des terroristes, ou des marchands de placebos.

08 novembre 2006

LA PRESSE EN PARLE. PARU DANS LIAISONS SOCIALES (NOVEMBRE 2006)

MANAGER

Le métier de manager, nul ne le nie, est devenu particulièrement difficile. Sa position professionnelle a changé : il ne peut plus s'appuyer sur son statut ou son niveau hiérarchique pour se faire obéir. On lui demande d'être de plus en plus polyvalent. Comme les autres salariés, il peut être victime d'une restructuration, d'un rachat ou d'un retournement du marché qui lui feront perdre son emploi. Ces grandes évolutions traversent ce livre qui passe en revue tous les fondamentaux du management : théories, structures des organisations, gestion du temps managérial, innovation Mais il ne délaisse pas les considérations de carrière et propose une bonne synthèse sur la fonction RH.

Manageor : les meilleures pratiques du management, Michel Barabel et Olivier Meier. Éditions Dunod. 886 pages, 45 euros.

03 novembre 2006

PAROLE D'EXPERT : le point de vue de Gilles Martin (Partie 3)

AVIS D’EXPERT

Nous ouvrons le blog Manageor à Gilles Martin, blogger sur les thèmes du management, dans un soucis d'échanger et de partager avec des experts.

Le point de vue de Gilles Martin sera présenté en 4 parties (à suivre) sur le blog.

Présentation de l’auteur

Gilles Martin, HEC, a été Partner chez KPMG Peat Marwick et de CSC. Il est Président de la société de conseil PMP (Performance Management Partner) qui est partenaire des entreprises dans le management de leur performance, dans un contexte d’exigences nouvelles nécessitant un nouveau Pacte entre actionnaires, dirigeants et collaborateurs, et de nouvelles approches du management opérationnel. Il anime par ailleurs le blog Zone Franche (gillesmartin.blogs.com).

PARTIE 3.

6) Pourquoi ce phénomène est-il plus important aujourd’hui ? Après tout les résistances au changement, on en parle depuis longtemps.

En effet, on parle souvent de « résistance au changement », mais sans toujours bien savoir de quoi l’on parle précisément, et sans distinguer les différents cas.

Ce dont je parle, ce n’est pas un phénomène passager de résistance qu’il suffirait de « gérer », mais d’une mutation plus profonde, plus générationnelle.

On sent monter une vague de critiques sur la génération de ceux qui sont nés après la guerre, jusqu’à la fin des années 50, les « baby boomers » : ils sont accusés par leurs cadets d’avoir mangé les fruits de la croissance, d’avoir détruit la planète sans prise de conscience, de s’être fait abrutir par le système de l’entreprise, d’avoir gardé les places pour eux, bref d’être des sortes de Dorian Gray de la jeunesse qu’ils ont vampirisée. Louis Chauvel, professeur à Sciences Politiques, parle dans un de ses derniers ouvrages de « captation d’héritage » par les soixante-huitards au détriment de leurs enfants.

Alors, que voit on ?

J’ai l’impression que les nouvelles générations, celles qui sont en train, ou vont bientôt prendre les commandes des entreprises, aspirent à une autre façon de vivre et de progresser dans ces entreprises.

Cela rappelle la période pré-révolutionnaire, au moment de la réunion des Etats Généraux par Louis XVI. C'est à ce moment que le Tiers-état se vit rejoindre par une partie du clergé et de la noblesse. Cette noblesse dissidente était fortement composée de puînés. En effet, les fils cadets ne portaient pas le titre et étaient exclus des fonctions politiques auxquelles pouvaient prétendre leurs aînés. Ces cadets, sentant qu'ils ne pourraient profiter du succès politique de leur caste, se sont ainsi alliés à ceux qui prônaient un ordre nouveau, et ont fait basculer vers la Révolution. Le rôle actif du Duc d'Orléans, du vicomte de Noailles (instigateur de la nuit du 4 août, et puîné), et des frères du Roi, futurs Charles X et Louis XVIII, est connu.

Aujourd'hui, de même, certains jeunes cadres, comme les cadets d'hier, aspirent un management différent, à l'exercice d'un pouvoir qu'ils sentent confisqué par leurs aînés auxquels ils ne croient plus.

7) Alors, ce nouveau Pacte, vous l’imaginez comment concrètement ?

Aujourd'hui, ce qui apparaît clairement, c'est l'importance de la notion de réseaux pour décrire la complexité des systèmes d'entreprises.

L'entreprise est intégrée à un ensemble de réseaux et de "communautés", qu'il faut savoir identifier et comprendre pour avoir la possibilité de transformer l'entreprise. C'est par l'accroissement de la valeur de ces réseaux qu'on pourra contribuer à l'émergence d'un nouveau modèle de valeur pour l'entreprise.

Il faut donc redéfinir, en cohérence, l’engagement, la responsabilité, le fonctionnement de tous ceux qui contribuent à ces réseaux.

L’entreprise vue de manière hiérarchique, avec ses frontières, ou comme un organisme vivant, en lutte pour survivre, tout ça c’est fini, ces images sont d’un siècle qui est terminé. Nous avons besoin d’une perception plus holistique, plus « spirituelle » de l’entreprise.

Le levier, ce sont les réseaux et communautés qui traversent l’entreprise, et même la dépassent, créant des liens entre les entreprises.